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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 12:37

téléchargementAbeilles : biodiversité en péril.

 

Pour l'humanité, la défense de la biodiversité n'est pas un simple combat pour le respect de la nature. La survie des sociétés humaines est en cause. L'exemple des abeilles en est une bonne démonstration !

 

« Des ruches désertées. À l'extérieur, pas de cadavres. À l'intérieur, une reine en bonne santé, des larves viables et une poignée de jeunes adultes affaiblis. Mais nulle trace des autres ouvrières. C'est le syndrome d'effondrement des colonies ». En 2007, le taux de ruches abandonnées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions les plus touchées. Peu à peu, cette situation s'étend au reste du monde. Sauvages ou domestiques, les abeilles pollinisent plus de 80% de l’environnement végétal, fécondant ainsi fleurs, fruits, légumes. La disparition des insectes pollinisateurs serait un désastre écologique menaçant une grande partie de nos ressources alimentaires.

 

Des incertitudes sur les causes, des certitudes sur le coupable.

 

Partout dans le monde, le taux de mortalité apicole atteint des records, de la fin de l’année 2006 à la fin de l’hiver 2007 : perte de 60 % des colonies aux USA et jusqu’à 90 % dans certains Etats de l’Est et du Sud ; 40 % des ruches se sont vidées au Québec, 25 % des colonies sont décimées en Allemagne, idem à Taiwan, en Suisse, au Portugal, en Grèce et dans de nombreux autres pays d’Europe. Pour la première fois, une estimation des pertes financières potentielles liées à la disparition des abeilles est réalisée : près de 15 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis.

Les butineurs sauvages - 20 000 espèces dans le monde - souffrent aussi de cet environnement dégradé. Une étude anglo-hollandaise montre le déclin parallèle des populations de pollinisateurs sauvages et des plantes à pollen au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, sans préciser si ce sont les plantes ou les insectes qui disparaissent en premier.

En France, en 1993, les apiculteurs constatent une baisse importante de la production de miel. Ils pointent du doigt l’utilisation du Gaucho, très toxique pour les abeilles, que l'on retrouve à faible dose jusque dans le pollen des fleurs. Après le Gaucho, le Régent, est mis en cause ; puis en 2007 et 2008, le Cruiser pour lequel l’Agence française de sécurité sanitaire alimentaire (Afssa) rend néanmoins un avis favorable, se contentant de conseiller « d’éloigner les ruches à plus de 3 km de cultures provenant de semences traitées ».

« Les abeilles domestiques (Apis mellifera), par leur consommation de nectar et de pollen, peuvent être intoxiquées par une exposition unique (toxicité aiguë) ou répétée (toxicité chronique) à ces insecticides. Les molécules peuvent induire la mort des abeilles ou provoquer des effets sublétaux sur leur physiologie, leurs capacités cognitives et leur comportement, qui en retour peuvent occasionner des pertes d’abeilles ou affecter le développement de la colonie ».

 

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Certaines cultures OGM qui produisent leur propre insecticide ont elles aussi été mises en cause. Une étude de l'Université d'Iéna a porté (de 2001 à 2004) sur l’effet des plantes produisant la toxine Bt sur les abeilles. Si elle ne met pas en évidence d'effet toxique, les chercheurs montent que les abeilles sont plus affectées par les parasites, la toxine affectant probablement l'immunité de l'abeille.

D'autres causes sont mises en avant, des parasites tels les varroas - puissants vecteurs de virus pathogènes - provenant d’Asie et introduits « accidentellement » en Europe dans les années 1960 puis en Amérique ; un champignon Nosema cerenae, récent en Europe, présent depuis plus de 10 ans aux Etats-Unis retrouvé dans le corps d’abeilles mortes ; d’autres insectes prédateurs, tels le frelon asiatique ; … Le commerce internationale favorise la circulations rapides d’espèces invasives face auxquelles les populations locales d’abeilles n’ont pas de défense !

Enfin, la monoculture intensive, la raréfaction des fleurs des champs et des cultures de légumineuses (trèfle, luzerne), l’entretien intensif des bords de route, appliquées à grande échelle convergent vers la création d’un environnement défavorable aux pollinisateurs.

C'est probablement cette multiplicité de facteurs dont les effets se renforcent mutuellement qui est à la base de cette catastrophe en préparation : des pesticides peuvent par exemple favoriser une infection causée par un champignon ou créer un affaiblissement des défenses contre des parasites ; l’artificialisation de l’environnement appauvrit les ressources alimentaires des abeilles … Au final la cause du dépérissement des abeilles trouve ses causes dans les activités humaines et leurs influences sur les paysages, les ressources et les équilibres écologiques.

 

Ce qu'il faut changer !

 

Déjà, les Etats-Unis ont importé massivement des abeilles d’Australie pour assurer la fertilisation de leurs vergers. Importation qui pose de nouveaux problèmes de dissémination bactériologique. En Chine, dans la province du Sichuan, des producteurs en sont réduits à fertiliser les fleurs de poiriers à la main.

En Europe, un groupe de travail européen sur la prévention des mortalités d'abeilles a été mis en place, coordonné par le centre Agroscope Liebefeld-Posieux à Berne (Suisse) ; des pesticides sont interdits quand leurs effets sont devenus « bien établis », remplacés rapidement pas d'autres produits phytosanitaires dont les effets sont à venir ; des chercheurs tentent aussi de sélectionner des colonies d’abeilles insensibles aux attaques de Varroas ; … les actuelles tentatives pour inverser le déclin des insectes pollinisateurs sont tellement insuffisantes !

Le dépérissement des abeilles met en évidence les bouleversements qu'impose au monde vivant l'expansion du capitalisme sur toute la planète : les atteintes à la biodiversité constituent un risque majeur pour notre survie.

Pour le capitalisme, dont le seul objectif est d'augmenter les profits, la nature n'est qu'une marchandise. Pourtant notre avenir ne peut être qu'intégré au sein du monde vivant et respectueux de ses équilibres, ce qui sera toujours incompatibles avec le « marché libre » capitaliste. Tant que les règles capitalistes seront respectées, les éléments de solution à la crise écologique ne seront que cautères sur une jambe de bois. Il est urgent d'en sortir ou de disparaître : réduction drastique du commerce international ; relocalisation des productions, production fondée sur les besoins et non plus sur l'offre, abolition de la propriété privée sur les moyens de production …

    Le mystère de la disparition des abeilles - documentaire de Mark Daniels diffusé sur ARTE le 28 août 2012.

    Parallel Declines in Pollinators and Insect-Pollinated Plants in Britain and the Netherlands, Science, 21 juillet 2006.

    Avis de l'Afssa du 21 novembre 2007.

    Etude du Laboratoire Populations, Génétique et Évolution - Apidologie ISSN 0044-8435 CODEN APDGB5

    Der Spiegel - 19 mars 2007

 

Jacques Dubart – AL Agen

    Le mystère de la disparition des abeilles - documentaire de Mark Daniels diffusé sur ARTE le 28 août 2012.

    Avis de l'Afssa du 21 novembre 2007.

    Etude du Laboratoire Populations, Génétique et Évolution - Apidologie ISSN 0044-8435 CODEN APDGB5

    Der Spiegel - 19 mars 2007

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