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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 12:37

téléchargementAbeilles : biodiversité en péril.

 

Pour l'humanité, la défense de la biodiversité n'est pas un simple combat pour le respect de la nature. La survie des sociétés humaines est en cause. L'exemple des abeilles en est une bonne démonstration !

 

« Des ruches désertées. À l'extérieur, pas de cadavres. À l'intérieur, une reine en bonne santé, des larves viables et une poignée de jeunes adultes affaiblis. Mais nulle trace des autres ouvrières. C'est le syndrome d'effondrement des colonies ». En 2007, le taux de ruches abandonnées atteignait 70 % voire 80 % dans les régions les plus touchées. Peu à peu, cette situation s'étend au reste du monde. Sauvages ou domestiques, les abeilles pollinisent plus de 80% de l’environnement végétal, fécondant ainsi fleurs, fruits, légumes. La disparition des insectes pollinisateurs serait un désastre écologique menaçant une grande partie de nos ressources alimentaires.

 

Des incertitudes sur les causes, des certitudes sur le coupable.

 

Partout dans le monde, le taux de mortalité apicole atteint des records, de la fin de l’année 2006 à la fin de l’hiver 2007 : perte de 60 % des colonies aux USA et jusqu’à 90 % dans certains Etats de l’Est et du Sud ; 40 % des ruches se sont vidées au Québec, 25 % des colonies sont décimées en Allemagne, idem à Taiwan, en Suisse, au Portugal, en Grèce et dans de nombreux autres pays d’Europe. Pour la première fois, une estimation des pertes financières potentielles liées à la disparition des abeilles est réalisée : près de 15 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis.

Les butineurs sauvages - 20 000 espèces dans le monde - souffrent aussi de cet environnement dégradé. Une étude anglo-hollandaise montre le déclin parallèle des populations de pollinisateurs sauvages et des plantes à pollen au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, sans préciser si ce sont les plantes ou les insectes qui disparaissent en premier.

En France, en 1993, les apiculteurs constatent une baisse importante de la production de miel. Ils pointent du doigt l’utilisation du Gaucho, très toxique pour les abeilles, que l'on retrouve à faible dose jusque dans le pollen des fleurs. Après le Gaucho, le Régent, est mis en cause ; puis en 2007 et 2008, le Cruiser pour lequel l’Agence française de sécurité sanitaire alimentaire (Afssa) rend néanmoins un avis favorable, se contentant de conseiller « d’éloigner les ruches à plus de 3 km de cultures provenant de semences traitées ».

« Les abeilles domestiques (Apis mellifera), par leur consommation de nectar et de pollen, peuvent être intoxiquées par une exposition unique (toxicité aiguë) ou répétée (toxicité chronique) à ces insecticides. Les molécules peuvent induire la mort des abeilles ou provoquer des effets sublétaux sur leur physiologie, leurs capacités cognitives et leur comportement, qui en retour peuvent occasionner des pertes d’abeilles ou affecter le développement de la colonie ».

 

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Certaines cultures OGM qui produisent leur propre insecticide ont elles aussi été mises en cause. Une étude de l'Université d'Iéna a porté (de 2001 à 2004) sur l’effet des plantes produisant la toxine Bt sur les abeilles. Si elle ne met pas en évidence d'effet toxique, les chercheurs montent que les abeilles sont plus affectées par les parasites, la toxine affectant probablement l'immunité de l'abeille.

D'autres causes sont mises en avant, des parasites tels les varroas - puissants vecteurs de virus pathogènes - provenant d’Asie et introduits « accidentellement » en Europe dans les années 1960 puis en Amérique ; un champignon Nosema cerenae, récent en Europe, présent depuis plus de 10 ans aux Etats-Unis retrouvé dans le corps d’abeilles mortes ; d’autres insectes prédateurs, tels le frelon asiatique ; … Le commerce internationale favorise la circulations rapides d’espèces invasives face auxquelles les populations locales d’abeilles n’ont pas de défense !

Enfin, la monoculture intensive, la raréfaction des fleurs des champs et des cultures de légumineuses (trèfle, luzerne), l’entretien intensif des bords de route, appliquées à grande échelle convergent vers la création d’un environnement défavorable aux pollinisateurs.

C'est probablement cette multiplicité de facteurs dont les effets se renforcent mutuellement qui est à la base de cette catastrophe en préparation : des pesticides peuvent par exemple favoriser une infection causée par un champignon ou créer un affaiblissement des défenses contre des parasites ; l’artificialisation de l’environnement appauvrit les ressources alimentaires des abeilles … Au final la cause du dépérissement des abeilles trouve ses causes dans les activités humaines et leurs influences sur les paysages, les ressources et les équilibres écologiques.

 

Ce qu'il faut changer !

 

Déjà, les Etats-Unis ont importé massivement des abeilles d’Australie pour assurer la fertilisation de leurs vergers. Importation qui pose de nouveaux problèmes de dissémination bactériologique. En Chine, dans la province du Sichuan, des producteurs en sont réduits à fertiliser les fleurs de poiriers à la main.

En Europe, un groupe de travail européen sur la prévention des mortalités d'abeilles a été mis en place, coordonné par le centre Agroscope Liebefeld-Posieux à Berne (Suisse) ; des pesticides sont interdits quand leurs effets sont devenus « bien établis », remplacés rapidement pas d'autres produits phytosanitaires dont les effets sont à venir ; des chercheurs tentent aussi de sélectionner des colonies d’abeilles insensibles aux attaques de Varroas ; … les actuelles tentatives pour inverser le déclin des insectes pollinisateurs sont tellement insuffisantes !

Le dépérissement des abeilles met en évidence les bouleversements qu'impose au monde vivant l'expansion du capitalisme sur toute la planète : les atteintes à la biodiversité constituent un risque majeur pour notre survie.

Pour le capitalisme, dont le seul objectif est d'augmenter les profits, la nature n'est qu'une marchandise. Pourtant notre avenir ne peut être qu'intégré au sein du monde vivant et respectueux de ses équilibres, ce qui sera toujours incompatibles avec le « marché libre » capitaliste. Tant que les règles capitalistes seront respectées, les éléments de solution à la crise écologique ne seront que cautères sur une jambe de bois. Il est urgent d'en sortir ou de disparaître : réduction drastique du commerce international ; relocalisation des productions, production fondée sur les besoins et non plus sur l'offre, abolition de la propriété privée sur les moyens de production …

    Le mystère de la disparition des abeilles - documentaire de Mark Daniels diffusé sur ARTE le 28 août 2012.

    Parallel Declines in Pollinators and Insect-Pollinated Plants in Britain and the Netherlands, Science, 21 juillet 2006.

    Avis de l'Afssa du 21 novembre 2007.

    Etude du Laboratoire Populations, Génétique et Évolution - Apidologie ISSN 0044-8435 CODEN APDGB5

    Der Spiegel - 19 mars 2007

 

Jacques Dubart – AL Agen

    Le mystère de la disparition des abeilles - documentaire de Mark Daniels diffusé sur ARTE le 28 août 2012.

    Avis de l'Afssa du 21 novembre 2007.

    Etude du Laboratoire Populations, Génétique et Évolution - Apidologie ISSN 0044-8435 CODEN APDGB5

    Der Spiegel - 19 mars 2007

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 18:44

Contre le libre-échange : l’autonomie productive

Depuis la crise économique mondiale entamée fin 2007, la critique du libre-échange fait désormais florès, en Europe comme en France. À l’occasion de la campagne présidentielle de 2012, on a assisté, du FN au PCF, à un retour en force de l’idée de « protectionnisme ».

Si seul le FN défend un protectionnisme aux frontières françaises, l’ensemble des partis de gouvernement – UMP, Modem, PS, PG, PCF, EELV – défendent un protectionnisme aux frontières européennes, en employant diverses formules comme le « patriotisme économique », le « juste échange » ou la « démondialisation ».

Cette idée est également défendue par un certain nombre d’intellectuels de la droite sociale comme Emmanuel Todd, antisociale comme Jean-Luc Gréau, ou de gauche comme Jacques Sapir, la mouvance du MPEP et Le Monde diplomatique.

Pour activer ce protectionnisme, on évoque le plus souvent la mise en place de normes sociales et environnementales qui pénaliseraient les produits manufacturés des pays émergents, mais aussi des outils du type Buy European Act qui, sur le modèle américain, réserveraient les marchés publics aux entreprises produisant sur le territoire européen.

Il ne s’agit d’ailleurs pas que d’un discours, mais d’un fait. Depuis 2008, les mesures protectionnistes se multiplient de par le monde, tandis que le processus de dérégulation des marchés, orchestré par l’Organisation mondiale du commerce depuis 1994, marque le pas.

Le retour du protectionnisme dans le monde

Manipulations des taux de change, subventions publiques, non-respect de la propriété intellectuelle, imposition de normes sociales et environnementales… la tendance actuelle dans le monde est aux mesures protectionnistes.

L’observatoire Global Trade Alert, de Londres, a enregistré une hausse constante de ces mesures – 1.200 au total de 2008 à début 2012 – au sein des pays adhérents à l’OMC. Les taxes et les droits de douane au sens strict n’en représentent qu’une part minoritaire (16%) [1]. La Chine, la Russie, l’Inde et la zone Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) sont aux avant-postes de ce mouvement protectionniste [2].

Ainsi, en 2011, le Brésil a décidé de taxer à 30 % les véhicules fabriqués avec moins de 65 % de pièces issues de la zone Mercosur. Peu après, l’Argentine a interdit la vente de smartphones fabriqués à l’étranger, obligeant les constructeurs LG, Samsung et Nokia à localiser leur assemblage sur son territoire [3]. Fin 2011, c’est tout le Mercosur qui imposait 30 % de taxes sur les importations. Dès mars 2011, la Russie interdisait l’importation de certains produits alimentaires pour soutenir la production locale ; en juin, elle prenait des mesures de sauvegarde de son industrie automobile. En décembre 2011, l’Inde a suspendu son projet d’ouvrir le secteur de la distribution aux multinationales étrangères comme Wal-Mart, Carrefour et Tesco. En mars 2012, le Sénat américain a autorisé le département du commerce à appliquer des taxes compensatoires sur les importations chinoises pour sanctionner une concurrence jugée déloyale, l’État chinois subventionnant massivement ses entreprises.

Le double discours des capitalistes

Les pays puissants prennent, quand cela les arrange, des libertés avec les règles libre-échangistes qu’ils ont peu à peu imposées au monde. Quitte à déclarer que c’est regrettable chaque fois qu’ils doivent faire une déclaration officielle, comme lors des G20 de 2009, 2010, 2011 et 2012 !

Les pays pauvres, dépendants, sous domination impérialiste ou tutelle directe, sont en revanche condamnés à rester des « marchés ouverts », au bénéfice des multinationales occidentales ou asiatiques.

Ce retour silencieux du protectionnisme à l’échelle mondiale marque-t-il une simple pause, non assumée, dans le processus de libre-échange, ou le début d’une régression de celui-ci ? Il ne nous appartient pas de le dire. Cela dépendra de la conjoncture, tant protectionnisme et libre-échange sont deux stratégies que les capitalistes manient alternativement, selon les secteurs économiques, les moments, les intérêts.

Deux fractions d’une même bourgeoisie peuvent d’ailleurs être en désaccord à ce sujet. La « concurrence déloyale », c’est toujours l’autre. Le capitaliste type est volontiers ultralibéral pour autrui. Il peut, d’un côté, vilipender « l’interventionnisme », et de l’autre accepter l’intervention de l’État en sa faveur. Il réclame la suppression des barrières douanières sur les marchés qu’il veut pénétrer, et en même temps accepte volontiers qu’on lui livre des marchés captifs. Il ne faut pas y chercher de cohérence idéologique. Le seul dogme capitaliste, c’est celui de la propriété privée des moyens de production et de distribution. Tout le reste est adaptable aux circonstances.

Les ravages du libre-échange

Présenté comme une condition du « développement », le libre-échange est l’idéologie officielle des grands organismes créés par les pays riches pour dominer l’économie mondiale : le Fonds monétaire international, l’Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale, le G20. Leur credo : la suppression des barrières douanières et la division internationale du travail fera la prospérité de tous. À chaque pays de se spécialiser dans le secteur économique où il a le plus d’atouts, et d’abandonner les autres.

Depuis quinze ans, les néolibéraux ont affûté leur discours sur cette « nouvelle division internationale du travail » : jadis, les pays du Sud fournissaient des matières premières, et les pays du Nord les produits manufacturés. Aujourd’hui, le capitalisme occidental assigne toujours aux pays du sud de fournir les matières premières, à la Chine et aux pays émergents d’héberger les usines polluantes et à l’Occident la haute technologie et la matière grise. Cette présentation correspond au fantasme d’un pays high-tech, débarrassé de ses usines et de ses ouvriers. Mais il est battu en brèche par la réalité : les pays dits « émergents » sont par exemple des producteurs de prestations intellectuelles et high-tech : Inde pour l’informatique, Chine pour le design industriel et électronique.

Les grands gagnants de cette division internationale du travail ne sont pas les travailleuses et les travailleurs, de quelque pays qu’ils soient, mais les multinationales qui contrôlent l’ensemble du jeu. Les conséquences réelles du libre-échange, ce sont le dumping social, le dumping fiscal, les délocalisations, les concentrations, les monocultures, les mono-industries, la démultiplication des temps de transport des marchandises, la hausse de la pollution, le marché des « droits à polluer » et… des bénéfices monstrueux pour les capitalistes du Nord, du Sud et des pays émergents.

Le libre-échange entraîne donc une triple catastrophe : 
- une catastrophe sociale : désindustrialisation et chômage ouvrier en Occident ; industrialisation à marche forcée et misère ouvrière dans les pays émergents ; producteurs agricoles spoliés et affamés au Sud ; 
- une catastrophe écologique : la délocalisation des productions entraîne l’allongement démesuré des circuits économiques et la démultiplication des transports et de la pollution, avec un impact sur le réchauffement climatique ; 
- une catastrophe démocratique : un pays privé de tout ou partie de son appareil productif perd de son autonomie économique, et voit réduite d’autant sa marge de manœuvre en matière politique et sociale. Cela affaiblit considérablement la perspective révolutionnaire d’une socialisation des moyens de production, et d’un choix collectif sur les modes de consommation.

Les deux faces d’une même monnaie

Dans la controverse montante qui oppose les protectionnistes aux libre-échangistes, bien des arguments de mauvaise foi sont invoqués, qui peuvent berner le mouvement social, sommé de choisir entre deux « camps » dont aucun n’est le sien. 
- L’un comme l’autre sont fauteurs de guerre. Si les politiques protectionnistes peuvent entraîner des tensions impérialistes pour le contrôle de marchés captifs – ce que furent les empires coloniaux de jadis – le n’a pas annulé cette dynamique, comme l’a montré la guerre d’Irak. Demain, davantage que le contrôle des marchés, c’est la lutte pour le contrôle des ressources naturelles qui peut être facteur de tensions géopolitiques. 
- L’un comme l’autre son fauteurs de misère. Les politiques protectionnistes peuvent entraîner une hausse des prix et une baisse du pouvoir d’achat des travailleuses et des travailleurs, au Nord comme au Sud. Mais le libre-échange organise, lui, un dumping social effréné, le chômage ouvrier et la ruine paysanne. 
- L’un comme l’autre organisent la concurrence entre travailleurs. Si le libre-échange, c’est la concurrence effrénée à l’échelon mondial, le protectionnisme, c’est la concurrence au sein d’un espace économique limité : l’Union européenne par exemple, mettant en concurrence 27 législations sociales différentes. 
- L’un comme l’autre sont interclassistes. Tous deux tentent de faire croire que prolétariat doit se serrer la ceinture et s’entendre avec le patronat au nom de « l’intérêt national » ou de la compétitivité sur le marché mondial. 
- Ni l’un ni l’autre ne sont anti-étatistes. Qu’elles soient multinationales dans un cadre libre-échangiste, ou monopoles dans un cadre protectionniste, les grandes entreprises ont besoin de l’appareil diplomatique, militaire et policier d’une puissance dite publique pour défendre leurs intérêts. 
- Ni l’un ni l’autre ne visent l’« autarcie ». C’est pourtant ce que les libre-échangistes reprochent le plus couramment aux protectionnistes alors qu’historiquement, cette situation ne s’est jamais présentée, même dans les phases les plus protectionnistes du capitalisme.

Trois options face à la crise dans la zone euro

Cette fausse opposition entre libéralisme et protectionnisme se retrouve dans les solutions avancées en réponse à la crise de la zone euro au sein de laquelle l’économie allemande occupe une position déterminante.

Toutefois, s’il est aisé de constater la place dominante jouée par celle-ci, nos commentateurs omettent le plus souvent de préciser les conditions dans lesquelles ses exportations ont été dopées par une régression sociale vigoureuse (baisse des salaires de 4,5% en moyenne entre 2000 et 2009, précarisation et paupérisation d’une bonne partie du prolétariat).

Face à cela, peu d’options sont présentes en perspective : 
- les partisans du libre échange, représentés en France principalement par le PS, l’UMP et leurs satellites patronaux, nous proposent de rattraper le retard sur l’Allemagne et d’organiser un « choc de compétitivité » via une austérité renouvelée : baisse des salaires, baisse des droits sociaux, casse des services publics, aides publiques massives au patronat, etc. ; 
- la droite la plus réactionnaire, mais aussi une partie de la gauche plus ouverte aux sirènes du protectionnisme proposent pour leur part d’abolir l’euro et de revenir aux monnaies nationales afin de disposer d’autres leviers que le moins-disant social et salarial pour retrouver de la compétitivité. Pour autant, cela ne reviendrait qu’à changer les règles de la concurrence sur le marché capitaliste ; 
- contrairement à la vision qui oppose des pays entre eux, comme l’Allemagne à la Grèce, les anticapitalistes doivent insister sur la communauté d’intérêt entre les classes populaires de l’ensemble des pays de la zone euro. C’est pourquoi nous ne pouvons que nous retrouver sur les objectifs de reconquête des droits sociaux perdus en Allemagne et ailleurs, de se battre contre la régression dans les pays de l’ensemble de la zone euro, dans une logique de solidarité internationale entre les travailleuses et les travailleurs.

L’alternative : l’autonomie productive

Depuis bientôt vingt ans, les organisations environnementales, ouvrières et paysannes du Nord comme du Sud – et Alternative libertaire en leur sein – ont lutté et luttent contre le libre-échange et la dérégulation des marchés. Mais aujourd’hui que les discours protectionnistes reviennent en force, il faut affirmer clairement que ce n’est pas sous ce drapeau que nous poursuivons la lutte.

Il faut néanmoins être audible auprès des travailleurs et des travailleuses menacés par les plans de licenciement et les délocalisations, et qui prêtent une oreille attentive aux politiciens bourgeois dès qu’ils invoquent le protectionnisme.

Il est donc crucial que les mouvements sociaux, pour ne pas risquer d’être dévoyés par ce discours protectionniste qui constitue une fausse alternative, affirment clairement, avec leur propre vocabulaire, que l’alternative au libre-échange, c’est l’autonomie productive.

L’internationale paysanne Via Campesina a indiqué cette voie dès 1996, en définissant le concept de « souveraineté alimentaire » : chaque région du monde doit être en mesure de se nourrir par elle-même, sans se placer sous la dépendance des multinationales de l’agrobusiness. Donc non à l’agriculture d’exportation, aux OGM, à l’accaparement des terres, aux monocultures, à l’impérialisme ; oui aux productions locales, sous le contrôle des paysans et de la population. Les échanges internationaux doivent être circonscrits aux produits dits exotiques. Rien de ce qui peut être produit localement ne saurait être importé de l’autre bout du monde. Les ultralibéraux ont accusé le concept de « souveraineté alimentaire » d’aggraver la faim dans le monde et d’être protectionniste. Il a au contraire été le ciment internationaliste des luttes paysannes du Sud comme du Nord.

En raison de la triple catastrophe sociale, écologique et démocratique à laquelle mène le libre-échange, nous disons que les mouvements sociaux d’Occident, d’Asie ou d’Afrique peuvent aujourd’hui converger dans la logique d’« autonomie productive » de chaque région du monde. Cette autonomie productive va dans l’intérêt des peuples menacés par le dumping social et les délocalisations, que ce soit en Occident ou en Asie, et dans l’intérêt des peuples que le libre-échange a condamné à la dépendance économique, notamment en Afrique. La relocalisation des productions est une nécessité. Cela ne signifie pas une fantasmagorique « autarcie », mais des circuits d’échange courts, et la limitation des échanges longs à ce qui ne peut être produit localement.

L’autonomie productive implique de réduire la production aux besoins des populations, et donc de rompre avec le productivisme. Cette réduction en entraîne une deuxième : celle du temps de travail. Et donc une troisième : celle des profits.

C’est pourquoi l’autonomie productive de chaque région du monde entrave les intérêts des capitalistes. Elle ne peut advenir que contre eux, sous la pression des peuples et sous le contrôle des travailleuses et des travailleurs.

Le combat contre le libre-échange et pour l’autonomie productive doit s’inscrire dans un combat plus global pour le socialisme, contre l’impérialisme et pour l’écologie. Il peut concorder avec des revendications susceptibles d’être portées par les mouvements sociaux, au Nord comme au Sud et dans les pays émergents : 
- contre le dumping fiscal et social, contre les subventions à l’export, pour une production indexée sur les besoins des populations ; 
- pour la rupture avec l’OMC, pour l’abolition de la dette publique au Nord comme au Sud.

Les relocalisations d’industrie revendiquées par le courant protectionniste néokénésien ne sont que marginalement possibles face à la logique du marché mondialisé. En revanche elles portent un discours nationaliste à l’opposé des solidarités à construire. Les relocalisations que nous défendons ne sont possibles que dans un mouvement de rupture avec l’économie de marché et permettent de porter un militantisme internationaliste défendant l’égalité sociale, écologique et démocratique à l’échelle planétaire.

[1Le Monde de l’économie du 27 mars 2012.

[2] « De la Chine à la Russie, les mesures protectionnistes se multiplient », Les Échos du 8 mars 2012.

[3L’Expansion de mars 2012.

Publié le 30 janvier 2013 paTN-Action_directe.jpgTN-Action_directe.jpgbandeau-grand-al.png

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 09:11
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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 15:45

 

images (1)

Pour un mouvement social à haut débit !

 

Alcatel Lucent annonce un nouveau plan social impactant près de 140 salarié-e-s à

Lannion, 1353 en France et encore plus dans le monde. Alternative Libertaire est

solidaire avec les salarié-e-s, leurs familles et plus généralement avec l’ensemble de la

population, car une majeure partie de l’économie du Trégor va être impacté par effet

domino. En effet, depuis les années 60, le développement de Lannion a été organisé

essentiellement sur la base d’une hyperspécialisation dans le secteur des

télécommunications. Résultat quand une grosse entreprise comme Alcatel Lucent est touchée

par une crise interne c’est toute la région qui est touchée à divers niveaux.

 

Il y a donc intérêt à lutter tous ensemble contre le plan social, ce qu'a bien compris

la population qui par le passé a massivement manifesté aux côtés des salariées son refus

de ce système économique réduisant l’employé-e à une simple variable d’ajustement.

Malheureusement, Alcatel Lucent a continué de multiplier les plans sociaux et les

fermetures de sites année après année. Le lobbying dans les ministères et à Bruxelles et

les manifestations de masse des trégorrois-e-s ont tout juste ralenti cette logique, sans

l'enrayer.

C’est pourquoi il faut cesser de se faire balader par la direction d’Alcatel, les

pouvoirs publics et certains syndicats déconnectés des enjeux sociaux. Cinq plans

successifs de réductions d’effectifs et de cessions d’activités depuis la fusion d’Alcatel

et de Lucent en décembre 2006, ce n’est ni plus ni moins que la mise à mort à petit feu

de l’entreprise. Il faut une riposte à la hauteur. Les seuls moyens de lutte qui ont

réellement fait trembler le patronat et les gouvernements présents et passés, c'est le

blocage de l’économie, le développement d’un syndicalisme de lutte sur le plan national et

international (dans les pays émergents pour la solidarité ouvrière et lutter contre le

dumping social). C’est pourquoi les mobilisations doivent monter d’un cran et se

radicaliser pour court-circuiter le système pour plus de justice sociale et une société

débarrassée du capitalisme

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 10:58

432358_281118798657790_1827631621_n--1-.jpgLannion à la pointe du gaspillage ?? Alternative Libertaire 22 réagit à propos du projet de parc des expositions prévu à Bel Air sur 5000 m2( !) ,le tout pour une dizaine de millions d’euros…De nouveau le développement et l’expansion de l’agglomération pose des choix importants de société : économiques ,culturels et d’écologie urbaine. Encore une fois des élu-e-s veulent marquer le territoire par des grands travaux de prestige (rocade sud, ligne à grande vitesse,nouvel aéroport de Nantes…).Lannion aurait besoin d’un Zénith ! Comme beaucoup,@lternative libertaire 22 s’interroge sur la nécessité d’une telle salle si coûteuse en euros et en terrains qui « offrirait » entre autres des spectacles très chers pour la population modeste. Alors qu’on pourrait certainement améliorer l’existant, maisons de quartier, bar associatif, salles des fêtes, Carré magique, les Ursulines,bref , des salles à taille humaine favorisant des spectacles peu chers plus intéressants plutôt que des » grosses productions-pompes à faire fric » .Entendons-nous bien, les libertaires ici ne sont pas une fois de plus contre tout mais notre optique est de considérer l’espace comme une ressource rare qu’il faut économiser pour le bien commun. Pour nous il faut limiter l’étalement urbain par un usage plus intensif de l’espace pour limiter les besoins en mobilité, en terrain, en infrastructures routières,… Hors nous constatons la disparition des terres agricoles, de maraîchages (quid de l’autonomie alimentaire ?), la prolifération des supermarchés de parkings, des zones artisanales et de leurs friches, de routes, de rond points, de lotissements à la chaîne….Est ce genre de développement urbain de « rééquilibrage » qu’on veut aussi sur toute la hauteur de la rive gauche du Léguer ? Pourquoi Lannion ne se développerait elle pas de manière plus compacte ???Pourquoi ce gaspillage d’argent, d’espaces verts, de terres agricoles ? Pourquoi Lannion veut elle sans arrêt jouer dans la cour des grandes comme avec ces projets de Zénith,de rocade sud ,de construction d’un nouveau collège (au lieu de réhabiliter l’ancien), alors qu’elle n’en a pas les moyens ?Pourquoi si peu d’originalité ?

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 18:02
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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 18:39
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 19:36
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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 19:55

Motion d'actualité en soutien à la lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes

 

 

La lutte contre le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes est actuellement sous les feux de l'actualité. Ce projet, vieux de 40 ans, doit aboutir à la construction du 3ème aéroport de France au Nord de Nantes, sur plus de 2000 hectares de zones humides et de bocages, à la richesse sociale et écologique reconnue.

 

Illégal, ce projet ne prévoit aucune mesure de compensation écologique pour la destruction de cette zone. Large plan d'aménagement territorial du grand Ouest, totalement inutile pour la population locale, ce projet profitera directement - via un Partenariat public-privé (PPP) - aux entreprises capitalistes (Vinci...) et à leurs complices politiques (Ayrault et alii). Le groupe Vinci est assuré d'une rentabilité de 11% compensée en cas de déficit par des fonds publics.

 

La construction de l'aéroport implique plus globalement la mise en place de Lignes grande vitesse (LGV), de zones industrielles et de dessertes routières. Les populations vivant sur la zone depuis longtemps - paysans et paysannes, « simples » habitant et habitantes - et celles plus récemment installées devront payer les conséquences sociales et sanitaires du projet. Les résidents et résidentes de la ZAD (Zone d'aménagement différé renommé Zone à défendre) ont su revivifier la lutte à une période où les associations locales et les élu-e-s semblaient la déserter. Les Zadistes ont mis en place une vie riche, alternative et autonome en intégrant le maraîchage et le petit artisanat. Leur expérience de vie autogestionnaire est porteuse d'une réelle dynamique de transformation sociale et écologique.

 

Aujourd'hui, le gouvernement PS-EELV ne recule devant rien pour mener à bien le projet. Il bafoue sans vergogne ses promesses électorales. La répression déployée pour expulser les occupant-e-s de la ZAD à quinze jours de la trêve hivernale et réprimer la contestation est sans précédent (1 Zadiste pour 10 flics). Ironie du sort, à l'heure de l'austérité et des restrictions budgétaires le dispositif d'expulsion et de destruction aura coûté 1 Million d'€ en 2 semaines.

 

Alternative Libertaire s'engage activement dans cette lutte en soutenant les populations rurales, les Zadistes, les paysannes et les paysans, les habitants et habitantes.

Nous appelons la population à s'investir dans les nombreuses actions de résistance qui fleurissent partout en France malgré la collusion des partis politiques et le silence complice de la majorité des médias.

 

La prochaine journée d'action aura lieu le 17 novembre autour de la réoccupation de la ZAD à Notre Dame des Landes.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:38

Nous refusons d'avaliser ce qui se commet actuellement en notre nom. Certes, il nous fallait se débarrasser de N. Sarkozy et c'est sans illusions aucunes que nous avons vu s'installer aux commandes de l'Etat le social-libéralisme incarné par François Hollande.

 

Mais la coupe se remplit vite ! Chaque journée qui passe, ou presque, voit l'Etat-PS s'éloigner toujours un peu plus des aspirations populaires !

 

A Notre dame des Landes, "décideurs" et bétonneurs veulent anéantir sous le béton 2000 hectares de terres agricoles et d'habitats au nord de Nantes pour un aéroport surdimensionné, ultra coûteux et dont l'utilité reste à démontrer...

 

Alternative Libertaire dénonce les expulsions, les destructions et l'occupation de la zone par les forces de leur ordre, la répression ainsi que l'acharnement du premier ministre, ancien maire de Nantes, à poursuivre ce projet mégalomaniaque.

 

Nous soutenons la lutte des défenseurs du Bien Commun de Notre Dame des Landes et appelons à la convergence de toutes les initiatives pour faire reculer ce projet néfaste.

 

Rassemblons-nous devant la mairie de Lannion le 10/11 à 11 h.

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Published by Alternative Libertaire 22 - dans Ecologie
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