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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 19:02

Pesticides : Médaille empoisonnée pour la France

Malgré leur mauvaise presse, les pesticides restent massivement utilisés dans l’agriculture intensive. La France est n°1 mondial pour leur consommation à l’hectare. Petit tour d’horizon des méfaits si bien cachés des pesticides.

Les quantités de pesticides utilisés au niveau mondial augmentent régulièrement depuis soixante ans dans l’agriculture intensive. La France était, en 2006, le 2e consommateur mondial, et le 3e en 2007. C’est presque autant que les États-Unis avec une surface agricole dix fois moindre ! Si on tient compte de ces proportions, la France et les Pays-Bas détiennent le record mondial de la plus grosse quantité de pesticides par hectare.

Pourtant, lors d’un traitement, plus de 90 % des quantités utilisées n’atteignent pas leur but. L’essentiel des pesticides s’accumule dans les sols et migre vers les nappes phréatiques. On en retrouve des résidus partout. D’après l’Institut français de l’environnement, 96 % des eaux superficielles et 61 % des eaux souterraines françaises en contiennent. Sur environ 400 substances recherchées, 201 ont été mises en évidence dans les eaux de surface et 123 dans les eaux souterraines. Mais les pesticides sont aussi présents dans l’air, les brouillards et l’eau de pluie ! En 1995 et 1996, l’Institut national de recherche agronomique (Inra) de Rennes a installé des stations de mesure de pesticides dans les eaux de pluie. Presque tous les échantillons contenaient des pesticides et 60 % dépassaient 0,0001 milligramme par litre, la concentration maximale admissible pour l’eau de distribution !

On trouve également des résidus pesticides dans nos aliments et nos boissons : plus de 50 % des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive en contiennent. L’exemple du DDT, un insecticide organochloré est symptomatique. Alors qu’il est interdit en Europe depuis 1972, on en trouve encore dans certaines régions éloignées de toute source de pollution directe, y compris par exemple dans les régions polaires où il s’accumule dans la graisse des phoques.

220 000 décès par an

Les personnes les plus fréquemment victimes d’intoxications aiguës par les pesticides sont bien sûr les ouvrières et les ouvriers qui les produisent, mais aussi les agriculteurs et leurs salarié-e-s, qui les appliquent sur les cultures. L’Organisation mondiale de la santé estime qu’il y a chaque année dans le monde un million d’empoisonnements graves par les pesticides, avec quelque 220 000 décès.

Ainsi un nématicide (le DBCP) a provoqué chez les employé-e-s de l’usine où il est synthétisé un nombre important de cas d’infertilité. Une étude de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement, à Bordeaux, a conclu mi-2007 que le risque de tumeur cérébrale est plus que doublé chez les agricultrices et les agriculteurs. Les particuliers utilisant des pesticides sur leurs plantes d’intérieur ont également un risque plus que doublé de développer une tumeur cérébrale.

Les simples consommateurs de produits agro-industriels sont eux menacés par les effets chroniques des pesticides. Depuis 1980, plus de 150 études réalisées dans différents pays ont décelé des pesticides dans les tissus adipeux, le cerveau, le sang, le lait maternel, le foie, le placenta, le sperme et le sang du cordon ombilical humain.

Quarante-huit pesticides autorisés en Europe – dont le fameux désherbant Roundup – sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Les conséquences d’une exposition à ces produits peuvent être très diverses, avec un risque plus élevé pour les enfants : anomalies congénitales, déficits immunitaires, problèmes de reproduction, cancers, problèmes neurologiques, cognitifs et comportementaux, infertilité masculine. Ce sont au total 92 substances actives de pesticides qui sont classées cancérigènes possibles ou probables par l’Union européenne ou par l’Agence de protection de l’environnement aux États-Unis.

Les êtres humains ne sont pas les seuls touchés, bien évidemment. L’appauvrissement de la biodiversité lié à la pollution de l’eau, de l’air et des sols par des résidus de pesticides mériterait elle aussi de longs développements !

Une alternative vitale

La révolution agricole a démarré au XVIIIe siècle, bien avant l’arrivée des pesticides chimiques vers 1930. Ces derniers ont certes augmenté les rendements. Mais ils ont surtout permis de supprimer des emplois dans l’agriculture et ainsi d’accélérer l’exode rural si utile, en son temps, au développement d’un capitalisme qui avait besoin de masses ouvrières.

L’agriculture biologique est en plein développement, même si elle reste encore marginale en France. Pour combattre les insectes ravageurs, elle utilise des substances d’origine minérale ou végétale, des purins végétaux et des algues calcaires riches en oligo-éléments, tendant à renforcer la résistance naturelle des plantes. La viabilité économique de l’agriculture biologique n’est plus à démontrer, même si sa généralisation nécessiterait une transformation importante des structures sociales dans les campagnes… tout comme probablement un renchérissement des produits alimentaires lié au redéploiement de l’emploi dans l’agriculture. Mais en comparaison des conséquences massives de l’empoisonnement de l’environnement, a-t-on le choix ?

Jacques Dubart (AL Agen)


Un héritage des industries de guerre

Le terme générique de pesticide désigne diverses substances chimiques telles les insecticides, les fongicides, les herbicides, les parasiticides… Il s’agit toujours de substances toxiques, répandues dans l’environnement pour détruire de façon ciblée certains groupes végétaux ou animaux. Bref, il existe des pesticides contre tout ce qui peut nuire à l’agriculture intensive.

L’ère des pesticides de synthèse débute dans les années 1930, profitant des recherches sur les armes chimiques menées durant la Première Guerre mondiale. La Seconde Guerre mondiale a à son tour engendré, avec la mise au point de nouveaux gaz de combat, la famille des organophosphorés qui, depuis 1945, a connu un développement considérable, toujours de mise aujourd’hui pour certains de produits, tel le malathion. Il existe dans le monde près de 100 000 spécialités commerciales autorisées à la vente, composées à partir de 900 matières actives différentes, auxquelles s’ajoutent tous les ans entre 15 et 20 nouvelles matières actives. Les pesticides les plus utilisés en quantité sont les désherbants. La molécule active la plus vendue comme désherbant et la plus utilisée dans le monde est le glyphosate.

Le comble, c’est qu’à présent des cultures OGM sont résistantes à certains herbicides – aux Etats-Unis on cultive ainsi un soja transgénique résistant au Roundup. Pour désherber un champ de ce soja, il suffit de pulvériser du Roundup. Résultat, les ventes de cet herbicide ont bondi de 72 % depuis 1997.

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 18:54

Politique agricole : L’agriculture européenne obligée de se recentrer

L’Europe a développé un système d’aide à son agriculture qui s’insérait dans le système mondial. Mais avec l’entrée des produits agricoles alimentaires dans les négociations de l’OMC, cette politique est désormais remise en cause alors que les intérêts de chaque partie s’entrechoquent.

Le Gatt (Accord général sur les tarifs et le commerce) a vu le jour en 1947. Cet accord vise alors à libéraliser les échanges de produits agricoles non alimentaires, tout en laissant la possibilité de « protéger » la production alimentaire. C’est le point de départ du libéralisme européen, dans un contexte de pénurie alimentaire et de volontarisme politique d’une France comptant beaucoup de paysans. C’est le début de l’agriculture intensive avec des objectifs de rendement poussant les paysans à devenir des exploitants et à produire plus, en utilisant massivement des produits chimiques de synthèse.

En 1957, le Traité de Rome reprend les principes de 1947, alors intégrés à la nouvelle Politique agricole commune (Pac). Il libéralise les échanges de marchandises au sein de la Communauté Economique Européenne (France, Allemagne, Italie Benelux). Dans le même temps, il met en place une protection douanière vis-à-vis des pays extérieurs à la CEE et des colonies avec la mise en place d’un tarif extérieur commun. Puis en 1962, la mise en œuvre de la Pac précise ces orientations. Elles prennent la forme de quatre principes : liberté de circulation des marchandises visant à unifier les prix entre les pays membres de la CEE, subventions à l’exportation, ce qui menace l’autonomie alimentaire des pays extérieurs à la CEE, préférence communautaire, ce qui revient à taxer les produits importés qui sont donc plus chers que ceux des pays membre, et enfin solidarité financière par la création d’un fond européen.

Le productivisme mis en cause

Dans les années 70, les premiers cris d’alerte des écologistes se font entendre en même temps que se développe l’agriculture biologique. Les années 1980 voient surgir les crises de surproduction, et dans les années 1990 et 2000 des crises sanitaires dans les élevages intensifs : vache folle, tremblante du mouton, fièvre aphteuse, grippe aviaire… Cela conduit à un recentrage des politiques de subvention pour atténuer les incitations au développement d’une agriculture intensive. En 1992, les aides directes sont attribuées en fonction de la surface et non plus de la production. Ce système entraîne de nouveaux problèmes de répartition des aides entre les agriculteurs cette fois. Il profite aux grands propriétaires céréaliers aux dépens de l’agriculture paysanne. Puis en 1999, la PAC, avec les accords de Berlin, poursuit la recherche de pratiques plus respectueuses de l’environnement, qui sont encouragées avec la création des Contrats Territoriaux d’Exploitation et des Mesures Agro-Environnementales.

Au niveau mondial, l’OMC, créé en 1995, inclut désormais les activités agricoles dans le commerce mondial, en lien avec le GATT. Cela vise à la disparition des subventions et du principe de préférence communautaire, pour ouvrir les marchés. Mais aucun engagement n’a encore été pris pour supprimer les aides aux exportations, qui continuent à rendre les anciennes colonies dépendantes des exportations subventionnées par la CEE. Les enjeux sont complexes entre l’Europe, les États-Unis, et les autres pays qui ne sont pas nécessairement unis dans leurs revendications.

Robin (AL Finistère)

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 11:59
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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:03

arton563-2e6c3.jpgLoi relative aux certificats d'obtention végétale : main basse sur le patrimoine alimentaire de l'humanité

 

Un vœu pour l'année 2012 du Conseil régional adopté à l'unanimité demande l'abrogation de la loi relative aux certificats d'obtention végétale. Le conseil général précise entre autre que cette loi va permettre la totale mainmise des « obtenteurs » sur les semences alors qu'actuellement ils ne fournissent que 50% des volumes. Qu’en est il vraiment ?

Le lundi 28 novembre 2011 à 23 h a été adopté par les 30 député-e-s présent-e-s une loi sur les semences basée sur la convention de l'Union Pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV).Cette loi si elle a déclenché un tollé quasi général ,n'a pas provoqué de grandes mobilisations paysannes...à la mesure de la menace encourue.

Pourtant dans le même style qu'Hadopi : la reproduction de semences au sein de l'exploitation agricole, la réutilisation de ses semences à son gré gratuitement est désormais illégal.

La FNSEA juge » normal que tous les agriculteurs financent la création variétale puisqu'ils en bénéficie ».Pour la Confédération Paysanne « le droit de resemer ne peut pas être remis en cause ».Cette loi reprend le principe de la »redevance » (la Contribution Volontaire Obligatoire) déjà appliquée au blé tendre et la généralise à 21 autres espèces!Les agriculteurs doivent désormais acheter des semences des espèces concernées et ne plus en produire chez eux...

Cette loi fortement appuyée par le sénateur ump Christian Demuynck viserait à favoriser la recherche et par là rendre encore plus compétitive l'agriculture française .En fait 85% des fonds récoltés seraient reversés aux obtenteurs (les détenteurs de la propriété intellectuelle et des droits d'une semence):l'union française des semences,Bayer,Lima grain,Monsanto,Pioneer,Syngenta....et seulement 15% à la recherche.

On sait que la recherche agricole publique est à la diète depuis la révision générale des politiques publiques (RGPP)portée par la droite depuis 2007...Bref c'est un beau cadeau à l’agrobusiness. Et l'étau se ressert un peu plus pour les exploitant-e-s agricoles les plus démuni-e-s.

Depuis 1949, toute variété de semence mise sur le marché doit être obligatoirement inscrite sur un catalogue de l'Office des Variétés Végétales. Cet office accorde un droit de propriété intellectuelle (pour 25 -30 ans) à des obtenteurs. Depuis 1961 suite à la convention dite de l'UPOV,la législation évolue pour protéger les obtenteurs au détriment des paysan-nes,jardinier-e-s,maraîcher-e-s...qui n'ont plus la possibilité de librement reproduire et commercialiser leurs propres semences. Inscrire une semence sur le catalogue est hors de prix,...

Avec la contribution volontaire obligatoire généralisée sur les semences c'est la confiscation d 'une majeure partie du patrimoine alimentaire de l'humanité au profit de l'agro-industrie et de l'agrochimie .Seules 17% des semences « maison » seraient nécessairement traitées aux insecticides contre 41% pour les semences commerciales. Quelque part la boucle est bouclée quand on sait que grosso modo les obtenteurs de semences sont aussi producteurs de pesticides....C'est aussi un tour de vis policier supplémentaire les exploitant-e-s devront montrer leur bonne foi en prouvant qu'ils/elles n'ont pas utilisé une variété sous licence sans payer la dîme ou que celle-ci figure bien au catalogue. Ici on inverse le droit général qui veut que ce soit le détenteur d'un titre de propriété général qui doit amener la preuve d'une contre-façon.

Il est clair ici que les trusts nous dépossèdent une fois de plus d'un pan entier de notre agriculture et de ce qui fait notre alimentation. Ils sont la véritable peste dont il faut se débarrasser. Et sans allier écologie sociale et anticapitalisme on n'y arrivera pas. Et puis qu'est ce qui poussent ces partis politiques à voter une loi scélérate à Paris pour la désavouer en région ??

cotesdarmor@alternativelibertaire.org

 

 

 

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 18:32
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